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 [RP Ayn] Pompounette

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Ayn
Ancienne Gloire LF
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Date d'inscription : 16/07/2006

MessageSujet: [RP Ayn] Pompounette   Lun 28 Aoû - 13:04

Ah ! Décidemment, Pompounette était toute en joie en ce samedi 29 juillet. Elle avait eu l'autorisation de son chef pour quitter la fabrique d'œufs un peu plus tôt et se rendre à l' Aeroporto. Elle emprunta donc le bus et parcourut le journal pendant le trajet. Mais elle ne prêtait guère attention aux nouvelles relatant des tensions dans les quartiers chauds de la ville. Non, son cœur était léger et son âme, heureuse.

Loin d'elle étaient ces années de désespoir à envier tous ses compatriotes qui avaient les moyens de partir en vacances. Loin d'elle, ces mois d'incertitude où chaque pièce mise de côté l'était au détriment d'une baguette ou d'un morceau de viande. Loin d'elle, ces heures de crispation à courir les établissements financiers à la recherche d'un prêt qui l'aiderait dans son accessit au rêve.

A bientôt 35 ans, Pompounette n'avait pas eu une vie facile. Ayant abandonné tôt l'école, pour faire des petits boulots afin de subvenir aux besoins de sa famille, elle avait connu milles misères. De femme de ménage à la solde d'un tyran à préparatrice de sauce pour pasta au Grande Hotel, elle comptait moins ses heures que les maigres pensions qu'elle touchait. Elle arriva finalement chez Privazex, les Œufs qui donnent du pep's, entreprise où elle exerce encore aujourd'hui avec bonheur le rôle de trieuse. C'est dans cette entreprise que Pompounette se constitua son cercle d'amis. Ils l'aidèrent à oublier ses ennuis quotidiens, en lui faisant surmonter ses problèmes les uns après les autres. C'est ainsi qu'elle se mit à retrouver le sourire, à avoir des envies de voyage. Dès lors, ses amis lui donnèrent ce surnom, Pompounette, et lui firent oublier le triste prénom dont l'avaient affublé ses parents, Marcie.

Donc, en ce 29 juillet, il était 18h43 quand elle arriva devant l'agence de voyage Tourisme Azuréen Gervais Lombard. Il y avait un monde fou à cette heure. Finalement, à 18h47, Pompounette se présenta à l'hôtesse.
- Je voudrais un billet aller retour pour Syracuse la semaine prochaine. L'aller lundi prochain et le retour le dimanche suivant.
- Alors, nous allons regarder les disponibilités pour cette destination.

Quelques minutes s'évaporèrent, pendant lesquelles Pompounette se voyait déjà à errer parmi les vestiges grecs de la vallée des temples à Agrigente, à retrouver Taormina et son théâtre face à la mer (qui sait, peut-être y retrouverait-elle Jean Reno et Jean-Marc Barr amenant un dauphin à la mer à l'aide d'un brancard), à arpenter l'Etna ou a visiter incognito Palermo et Corleone, hauts-lieux de la mafia... Finalement, l'hôtesse lui annonça:
- Je crois que cela va être difficile, madame. Tous nos vols sont complets pour au moins 2 semaines.
Ne comprenant pas trop ce qu'on venait de lui dire, Pompounette essaya:
- Essayez un départ mardi…
- Ca ne va pas être possible. Nos vols sont complets pour au moins 2 semaines et les solutions de voyage en train sont déjà surchargées en réservation.

Malheureusement, elle savait qu'elle ne pourrait pas attendre, qu'on ne la laisserait pas s'absenter autrement que la semaine prochaine. Dans 2 semaines, l'entreprise connaîtrait une montée en cadence, afin de préparer les traditionnelles foire de l'œuf de Residenza et fête de l'omelette de la Saint Patrick, sans oublier un peu plus tard, la semaine de la pâte aux œufs.
- Mais que se passe-t-il? J'avais appelé la semaine dernière et vous m'aviez assuré que je trouverai une place ?
- Malheureusement, il y a un pic de départ depuis aujourd'hui. Beaucoup de familles partent en vacances retrouver les leurs. Il semble qu'une guerre des clans a éclaté et que beaucoup de personnes s'exilent le temps que les choses se tassent ici.
- Mais, je ne peux pas retarder mon départ, j'ai des impératifs à la fabrique… ils ne me laisseront pas partir, dans deux semaines.
- Je suis désolée, madame, je ne peux rien faire pour vous. Peut-être devriez-vous essayer de contacter une agence de transport par car.
- Vous plaisantez ? Deux jours de voyage à l'aller, deux jours au retour: cela ne me laisserait que 3 jours sur place… c'est pas possible. Est-ce que toutes les rés…
- Excusez-moi m'dame, mais y'en a qu'ont leur billet et qui veulent partir, la coupa un gros bonhomme derrière elle.
Sidérée par l'importun, Pompounette fusilla l'inconnu du regard.
- oh… vous pouvez me regarder comme ça, il n'empêche que si vous aviez réservé votre voyage plus tôt, ou si vous étiez plus riche, vous auriez sûrement une place à bord d'un avion…
- Excusez-moi ?
- Ecoutez-moi: j'ai appelé il y a 5 heures pour réserver mes billets et quand bien même les vols étaient déjà pris d'assaut, le fait que je m'appelle Marciello Gropatai a fait la différence. Si vous voulez une place, il faut être riche, c'est tout.

Marciello Gropatai. Le directeur de la fabrique de pâtes. Premier client de Privazex. Comment un homme si important pouvait-il être si arrogant ?
- Allez, ma p'tite dame. Faites place aux personnes qui méritent leur billet.
- Monsieur, sachez que la richesse s'acquière de milles façons mais que le respect, lui, ne s'achète pas: il se mérite.
- Bof… vous pouvez bien dire ce que vous voulez, dans moins de trois heures, je serais à Palerme et je penserai bien à votre maxime… non en fait : je mépriserai votre maxime.

C'en était trop pour elle. Voyant son rêve s'effondrer, Pompounette s'enfuit en courant, les larmes aux yeux.

Quand elle passa devant Giardino, célèbre propriétaire du Monastero, un journal local, celui-ci ne la remarqua même pas. Il était trop préoccupé par les ventes désastreuses de son quotidien. Si ça continuait ainsi, il devrait certainement mettre la clé sous la porte.


Ce n'est que quelques semaines plus tard que Giardino retrouva le sourire, car une affaire relança les ventes de son journal. Un attentat terroriste vint en effet bouleverser le paysage local et malgré toute la bienveillance des autorités, personne ne put comprendre comment une pauvre dame sans le sou avait réussi à berner des établissements bancaires pour obtenir un prêt, sous le prétexte d'un départ en vacances, et utiliser les fonds dans l'élaboration de la bombe qui avait fait sauter l'usine de pâtes de la ville, fleuron et fierté local construit de toute pièce par le très respecté et très honorable Marciello Gropatai.

La presse conclut finalement que la jalousie était décidemment une bien vilaine chose.

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